" Quel vaste champ de bonnes oeuvres s'ouvre à nous ! "
Mystique, Marie-Louise Elisabeth Molé dira à ses filles : " Être au milieu du monde et jusque dans le centre des villes, aussi retirées que les anachorètes dans le désert. Voilà notre vocation ". Femme d'action, elle portera toujours une attention très vive aux réalités humaines, sociales et spirituelles de son époque.
Famille malgache
" Si l'esprit de la foi vous animait, ce n'est plus eux que vous verriez, c'est Jésus Christ. Et alors quelque chose pourrait-il vous paraître pénible, difficile ? Dans les services que vous leur rendriez, bien au contraire, vous considéreriez les moments passés auprès d'eux comme les plus glorieux et les plus heureux de votre vie. Les plus glorieux car vous diriez : je suis avec Jésus-Christ, je parle avec Jésus Christ, je vis avec Jésus Christ. "
" Regardons les pauvres comme nos propres enfants ; ayons pour eux des entrailles de mère. Que ce ne soit pas le seul devoir qui vous anime... mais que tout parte du coeur. "

" Oui, la culture de l'esprit et de la raison sont les plus grands services de charité que l'on puisse rendre à ces pauvres enfants et ceux auxquels nous devrions nous porter avec le plus de zèle... Rien ne doit être négligé pour développer l'intelligence des enfants, ouvrir leur esprit à la lumière, former leur raison. " Aussi presse-t-elle les premières religieuses à s'instruire elles-mêmes. " Que ne puis-je vous faire sentir la nécessité de ne rien négliger pour vous instruire autant qu'il vous sera possible. Et vous devez le faire avec courage, le regardant comme un de vos devoirs principaux. "

Cette conviction avait des implications très concrètes. Lorsqu'elle était dans l'opulence, elle se considérait comme la trésorière de Dieu. Mais le service qu'elle apportait aux familles allait bien au-delà du secours financier : elle cherchait du travail pour les parents, veillait à l'instruction et à l'éducation des enfants et plusieurs fois elle eut la joie d'apprendre que ceux-ci " avaient gagné la confiance publique et bien réussi dans leurs affaires " . Devenue Mère Saint-Louis, elle gardera la même préoccupation : travailler à refaire le tissu familial et social. Et c'est bien ainsi que son ouvre était perçue, comme le prouvent les témoignages des autorités religieuses et civiles de l'époque.
Les soeursSensible à la Communion qui unit les hommes en Christ, elle vécut l'Église d'abord comme un mystère de charité. C'est dans l'Écriture et dans l'étude des Pères et des docteurs de l'Église qu'elle nourrissait son sens de l'Église. Elle dut goûter cette phrase de saint Augustin : " Réjouissons-nous et rendons grâces pour être devenus non seulement chrétiens, mais le Christ... Si en effet, Il est la tête, nous sommes les membres ".
La rénovation spirituelle de l'Église fut l'objet constant de ses prières. Invitant ses filles à avoir un " zèle qui ait rapport à celui de Dieu ", elle le voulait universel, " Dieu ne faisant acception ni de temps, ni de lieux, ni de personnes ". Se voulant en fraternité étroite avec l'immense peuple de Dieu, elle se sentait des liens privilégiés avec ceux qui étaient prisonniers du mal. " La qualité de pécheur doit suffire pour animer plus particulièrement toute notre tendresse et notre ardeur... S'il faut haïr le péché, il faut aimer le pécheur ", et elle souhaitait que le " zèle ", pour soi-même, ait ces mêmes qualités.
